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Donneurs d’ordre

STEP, DXF, STL… quels fichiers envoyer à votre fabricant ?

Sommaire

Le duo gagnant : un fichier 3D neutre et un plan PDF coté

Quelle que soit la technique, un fabricant a besoin de deux choses : la forme de la pièce et vos exigences. Le fichier 3D transmet la forme avec exactitude. Le plan coté transmet ce que le 3D ne dit pas : tolérances, états de surface, matière, traitements, cotes critiques, filetages. Pour une pièce usinée, la combinaison la plus sûre est donc un fichier STEP accompagné d’un plan au format PDF.

Le format natif de votre logiciel (SLDPRT, IPT, CATPart…) n’est pas idéal pour un envoi : il ne s’ouvre qu’avec le même logiciel, souvent dans une version identique ou plus récente. Un format d’échange neutre est lu par la grande majorité des logiciels de FAO. Le bon format dépend ensuite du procédé : usinage, découpe 2D, impression 3D ou circuits imprimés.

Le fichier 3D donne la forme, le plan donne l’intention. Un STEP sans plan oblige l’atelier à deviner vos tolérances et vos traitements : il chiffre alors le cas standard, avec un risque de mauvaise surprise ensuite. Voir aussi le guide rédiger un cahier des charges de fabrication.

Formats 3D d’échange : STEP, IGES, Parasolid et formats natifs

STEP (.step, .stp) : le format à privilégier

Le STEP est une norme internationale (ISO 10303), prise en charge par tous les grands logiciels de CAO. Il existe en plusieurs protocoles d’application :

  • AP203 : géométrie et structure des assemblages. Suffisant pour transmettre une forme.
  • AP214 : ajoute notamment les couleurs et les calques. Très répandu dans les exports par défaut.
  • AP242 : le plus récent, qui reprend et étend les deux précédents, et peut transporter des annotations 3D (cotation et tolérancement) lorsque votre logiciel les exporte.

Pour de l’usinage, un AP214 ou un AP242 convient parfaitement. Exportez des solides et non des surfaces, une pièce par fichier, puis rouvrez le fichier produit pour vérifier qu’il est complet.

IGES (.igs, .iges) : un format de secours

Ancien format orienté courbes et surfaces, dont la spécification est figée depuis longtemps. L’export de surfaces non assemblées peut laisser des trous ou des arêtes non raccordées qui compliquent la FAO. À réserver aux cas où le STEP n’est pas possible.

Parasolid (.x_t, .x_b)

Le noyau de modélisation de Siemens, utilisé par plusieurs logiciels dont SolidWorks, NX et Solid Edge. Le fichier .x_t est au format texte, le .x_b au format binaire. Fidèle à la géométrie, il constitue une bonne alternative au STEP si votre fabricant l’accepte.

Formats natifs (SLDPRT, IPT, CATPart, PRT, F3D…)

Ils peuvent s’ajouter au STEP si le fabricant utilise le même logiciel et vous l’a confirmé. Sinon, n’envoyez pas uniquement le format natif.

Formats 2D : DXF, DWG et PDF coté

DXF et DWG : la découpe 2D

Pour la découpe laser, jet d’eau, plasma ou le poinçonnage, l’atelier utilise le contour de la pièce à plat. Le DXF est un format d’échange d’Autodesk lu par la plupart des logiciels de découpe ; le DWG est le format natif d’AutoCAD, qui varie selon les versions. Quelques règles garantissent un fichier exploitable :

  • dessin à l’échelle 1:1, en millimètres ;
  • contours fermés, sans doublons ni segments superposés ;
  • textes convertis en contours si le marquage est découpé ;
  • cotes, annotations et lignes de pliage sur des calques distincts des contours de découpe.

Pour une pièce pliée, fournissez le développé en DXF et la pièce pliée en STEP. Voir tôlerie et découpe.

Le PDF coté : indispensable pour les tolérances

Exportez le PDF depuis votre logiciel de CAO (document vectoriel lisible à l’échelle) plutôt que de joindre une photo ou un scan. Le cartouche, conforme à l’ISO 7200, doit mentionner la référence, l’indice de révision, la matière, l’échelle, les tolérances générales (par exemple ISO 2768-mK) et les traitements. Ajoutez les cotes critiques, les filetages, les états de surface et la méthode de projection. Le fichier 3D sert de référence pour la forme, mais ce sont les mentions du plan qui portent vos exigences. Le guide tolérances d’usinage vous aide à le coter correctement.

Impression 3D : STL, 3MF et alternatives

Les imprimantes travaillent à partir d’un maillage de triangles. Le STL en est la forme historique : universel, mais il ne contient ni unités, ni couleurs, ni matières, et la finesse de la surface dépend de la résolution choisie à l’export. Un export trop grossier laisse des facettes visibles sur les surfaces courbes ; vérifiez aussi que le maillage est fermé et sans faces inversées.

Le 3MF, défini par le consortium 3MF, est un format plus moderne : il embarque les unités, les couleurs, les matières et plusieurs objets dans une archive unique, et lève les ambiguïtés du STL. D’autres formats existent (OBJ pour la couleur, AMF normalisé ISO/ASTM 52915), moins courants chez les prestataires. Certains acceptent aussi le STEP et réalisent eux-mêmes le maillage, notamment en impression métal ; demandez-leur.

Ajoutez un plan PDF coté si certaines cotes sont critiques, si des surfaces doivent être reprises par usinage après impression ou si vous attendez des tolérances précises. Pour choisir entre impression 3D et usinage, lisez impression 3D ou usinage CNC ; pour les prestataires, voir impression 3D.

Électronique : Gerber, ODB++ et fichiers d’assemblage

Pour un circuit imprimé nu, le standard est le Gerber (RS-274X, dans sa variante étendue X2 qui ajoute des attributs) : un fichier par couche (cuivre, vernis épargne, sérigraphie, contour), accompagné du fichier de perçage au format Excellon. Les formats ODB++ et IPC-2581 regroupent toutes ces informations dans un paquet unique, ce qui limite les erreurs d’assemblage de fichiers ; vérifiez qu’ils sont acceptés.

Précisez dans un document à part les caractéristiques que les fichiers ne portent pas toujours : nombre de couches, épaisseur du circuit, finition de surface (HASL, ENIG…), couleur du vernis, contrôle électrique. Pour la réalisation d’une carte assemblée, ajoutez la nomenclature (BOM) avec les références fabricant, le fichier de positionnement des composants, le schéma et le plan d’assemblage. Les prestataires concernés sont présentés sur la page électronique.

Tableau récapitulatif par procédé

ProcédéFichiers à fournirÀ éviter ou à compléter
Usinage CNC (fraisage, tournage)STEP (AP214 ou AP242) ou Parasolid, plan PDF cotéSTL (maillage approximatif), IGES, 3D seul sans plan
Découpe laser, jet d’eau, plasmaDXF ou DWG du contour à l’échelle 1:1 en mm, plan PDF si cotes critiquesPDF ou image seule, contours ouverts ou doublés
Tôle pliéeSTEP de la pièce pliée, DXF du développé, plan PDF avec rayons et sens de pliageDXF seul sans pièce pliée
Soudure et chaudronnerieSTEP de l’ensemble, nomenclature, plans PDF cotés avec symboles de soudureEnsemble sans indication des cordons ni des contrôles
Impression 3DSTL ou 3MF (STEP si le prestataire l’accepte), PDF coté si cotes critiquesMaillage ouvert, absence d’unité, résolution trop faible
Circuit impriméGerber (RS-274X ou X2) et perçage Excellon, ou ODB++ ou IPC-2581 ; BOM et positionnement pour l’assemblageFichiers natifs du logiciel sans export de fabrication

Et si vous n’avez pas de fichier 3D ?

Beaucoup de projets partent d’une pièce existante, d’un croquis ou d’un ancien plan papier. Plusieurs solutions existent, de la plus simple à la plus complète :

  • Un plan scanné ou un croquis coté. Il suffit parfois pour une pièce simple, à condition que les cotes, la matière et la quantité soient lisibles. Prenez des photos nettes et indiquez les cotes critiques.
  • La pièce à reproduire. Un relevé de cotes ou une numérisation 3D produit un maillage de référence. Ce maillage ne s’usine pas directement : il doit être reconstruit en modèle volumique.
  • La modélisation par un bureau d’études. Il transforme votre croquis ou votre échantillon en modèle 3D et en plan coté, que vous réutiliserez pour toutes vos demandes de devis.

Dans tous les cas, précisez ce qui est fonctionnel (surfaces d’appui, alésages, entraxes) et ce qui peut être adapté. La page bureau d’études présente les prestataires qui peuvent finaliser vos plans.

Bonnes pratiques d’envoi

  • Unités. Travaillez en millimètres et indiquez-le dans le plan et dans le message d’accompagnement.
  • Versions. Un seul indice de révision, identique sur le plan et sur le fichier 3D. Retirez les anciennes versions de l’envoi.
  • Nommage. Adoptez une règle simple, du type REF_indice_designation (par exemple 1234_B_support-moteur.step), sans espaces ni accents.
  • Un fichier par pièce. N’envoyez pas l’assemblage complet quand une seule pièce est à fabriquer ; pour un ensemble, joignez la nomenclature.
  • Vérification. Rouvrez l’export dans un visualiseur neutre pour contrôler qu’il est complet, à la bonne échelle et sans faces manquantes.
  • Archive. Regroupez les fichiers d’une demande dans un dossier compressé (zip) de taille raisonnable, avec un fichier texte récapitulatif si besoin.
  • Document qui fait foi. Indiquez-le explicitement, en général le plan, en cas de divergence avec le 3D.

Sur Meaflow, déposer une annonce est gratuit et vous pouvez y joindre vos fichiers ; vos plans ne sont visibles que par les membres connectés.

Questions fréquentes

Quel format de fichier envoyer pour de l’usinage CNC ?

Envoyez un fichier 3D au format STEP (AP214 ou AP242 de préférence), exporté en solide, accompagné d’un plan PDF coté qui précise tolérances, états de surface, matière et traitements. Le Parasolid (.x_t) est une alternative si votre fabricant l’accepte. Évitez le STL pour l’usinage : il approxime la géométrie par des triangles.

Quelle est la différence entre STEP et STL ?

Le STEP décrit la géométrie exacte de la pièce (surfaces, arêtes, solide), ce qui convient à l’usinage et à la CAO. Le STL ne contient qu’un maillage de triangles, sans unités ni couleurs : il est adapté à l’impression 3D, mais pas à l’usinage, car la précision dépend de la résolution de l’export.

Un fichier STEP suffit-il sans plan ?

Pour une pièce très simple et sans exigence particulière, parfois. En général non : le STEP ne porte pas les tolérances, les états de surface, les traitements ni les cotes critiques. Joignez un plan PDF coté pour que l’atelier chiffre et fabrique ce dont vous avez réellement besoin.

Quel fichier fournir pour la découpe laser ?

Un fichier DXF ou DWG du contour à plat, à l’échelle 1:1 et en millimètres, avec des contours fermés et sans doublons. Pour une pièce pliée, joignez aussi le STEP de la pièce pliée. Précisez la matière, l’épaisseur et la quantité, et ajoutez un plan PDF si des cotes sont critiques.

Quels fichiers fournir pour fabriquer un circuit imprimé ?

Les fichiers Gerber (RS-274X ou X2) de chaque couche et le fichier de perçage Excellon, ou un paquet ODB++ ou IPC-2581. Précisez le nombre de couches, l’épaisseur et la finition. Pour une carte assemblée, ajoutez la nomenclature, le fichier de positionnement des composants et le schéma.

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